"Une éolienne nécessite pour sa construction, son exploitation et son démantèlement plus d'énergie qu'elle n'en produit."

 

On accuse parfois les éoliennes de ne pas rembourser leur "dette énergétique", c’est-à-dire de ne pas produire autant d'énergie qu'il faut en dépenser pour les fabriquer, les mettre en place, les entretenir et les démanteler. Une étude danoise (Elsam Engineering 2004) montre par exemple que les éoliennes de 2 MW de type Vestas accumulent une dette énergétique de 3635 MWh sur toute leur durée de vie. En Espagne, cette éolienne rembourse sa dette en moins de 7 mois. Si elle est implantée sur un site wallon, moyennement venteux, elle rembourse sa dette en moins d’un an. Et au-delà de cette période, l’éolienne produit une énergie 100% propre durant toute sa vie (20 ans en moyenne).

 

En fait, les énergies renouvelables sont les seules à rembourser complètement leur dette énergétique. Les éoliennes terrestres le font en 6 à 8 mois. Le photovoltaïque, lui, en une paire d’années. Les centrales thermiques (fossiles ou nucléaires) remboursent uniquement leur dette de mise en place et d’entretien, et sans considérer le coût du démantèlement, la dépendance aux ressources naturelles, les émissions de CO2 et le risque environnemental.

 

Une autre manière d’aborder cette problématique est de réaliser ce qui se fait déjà pour de nombreux objets du quotidien : une analyse du cycle de vie (ACV). Celle-ci prend en compte les impacts écologiques de l’extraction des matières premières de l’utilisation au recyclage et au retraitement en les rapportant à un coût en équivalent CO2 par kilowattheure produit (g CO2 eq/kWh).

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Impacts environnementaux de l’éolien français, Ademe

Selon une étude de l’Ademe de 2015, le taux d’émission pour une éolienne terrestre est de 12,7 g CO2 eq/kWh, ce qui place l’éolien en troisième position derrière l’hydraulique (6 g) et le nucléaire (4 g selon EDF), mais largement devant le fioul, le gaz et le charbon. Et il faut souligner que pour le nucléaire les chiffres sont trompeurs puisqu’ils ne tiennent pas compte du traitement des déchets.

 

Source : Grégoire Souchay, Reporterre, 30 novembre 2017