Quel est l'impact acoustique d'un parc éolien ?

 

L’impact acoustique des parcs éoliens sur les riverains est un sujet d’inquiétude légitime puisque le bruit peut avoir de sérieuses incidences sur la qualité de vie : il peut être un agent de stress et ses effets aller d'une simple gêne à un réel mal-être physique et psychologique. On a tous fait l’expérience du moustique dans la chambre à coucher : on va d’autant plus entendre un bruit si on est contrarié ou focalisé sur lui. Et si on s’accommode du passage occasionnel d’une voiture au loin, il peut être difficile pour certains d’accepter la présence permanente et régulière du bruit, même faible, d’un objet industriel à moins d’un kilomètre de chez soi. La question peut même changer de nature, cesser d’être une simple nuisance liée à des perceptions individuelles, et devenir une véritable question politique.

 

Une éolienne émet deux sortes de bruits : un bruit mécanique et un bruit aérodynamique.

Le bruit mécanique est créé par les engrenages à l’intérieur du multiplicateur situé dans la nacelle.

Le bruit aérodynamique est créé par le freinage du vent et son écoulement autour des pales et entre les pales et le mât.

 

Ces dix dernières années, les bruits des éoliennes ont été grandement réduits grâce à l’innovation technologique : diminution de la vitesse de rotation des pales, engrenages de précision silencieux, montage des arbres de transmission sur amortisseurs, capitonnage de la nacelle réduisant les bruits aigus et les médiums, conception de profils et de géométries de pales spécifiques, peignes inspirés des ailes des rapaces nocturnes,…

Certaines personnes affirment que les éoliennes émettent en plus des infrasons. C’est vrai, dans le sens où partout où le vent souffle et se heurte à un obstacle dur (un bâtiment, un arbre...) un phénomène d’infrason se crée. Mais ceci est sans impact sur la santé : en conclusion d’une expertise mise à jour en 2017, l’ANSES précise qu’il n’y a pas de preuve scientifiques d’un effet sanitaire lié à l’exposition au bruit des éoliennes.

https://www.anses.fr/fr/content/impacts-sanitaires-du-bruit-g%C3%A9n%C3%A9r%C3%A9-par-les-%C3%A9oliennes .

Dans le cas d’un parc éolien, la loi française limite ce bruit en se fondant sur le concept d’émergence. Il ne s’agit pas de mesurer le bruit que fait l’éolienne en tant que telle, mais de voir dans quelle mesure elle modifie le bruit de l’environnement :

- lorsque le bruit ambiant (bruit de l'environnement + bruit des éoliennes) est inférieur en tout point à 35 décibels, il n'y a pas d'émergence à respecter

 

- au dessus de ce niveau sonore, les émergences sonores émises par les éoliennes ne doivent pas dépasser 5 décibels le jour (entre 7h et 22h) et 3 décibels la nuit (entre 22h et 7h)

 

Pour obtenir une autorisation préfectorale d’exploitation, les porteurs du projet doivent prouver que l’impact sonore d’un parc reste inférieur à ces seuils réglementaires. L’étude d’impact intègre donc une étude acoustique prévisionnelle, étudiée et validée par la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales, qui détermine l’implantation optimale du parc. Le bruit de l'environnement est enregistré sur une période de plusieurs jours chez les riverains les plus proches du futur parc. Les impacts sonores des éoliennes sont ensuite modélisés par les acousticiens, qui tiennent compte :

- des directions et des vitesses du vent (grâce aux données en simultanées du mât de mesure)

- des caractéristiques du site (topographie, occupation du sol…)

- de la distance et de la hauteur des éoliennes

- du type d'éoliennes et de leurs caractéristiques acoustiques

 

L’analyse des différentes simulations va directement impacter le schéma d’implantation des éoliennes, et peut dans certains cas conduire à la mise en place d'un plan de bridage selon des conditions de vent et d’horaires bien définies. Ces plans de bridage (ralentissement ou arrêt des éoliennes) peuvent aussi être motivés par les contrôles qui auront lieu régulièrement durant la vie du parc, afin de garantir que le bruit n’excède pas les valeurs réglementaires. Et il peuvent enfin être adaptés au ressenti et aux remarques des riverains.

 

Il y a des dizaines de milliers d'éoliennes dans le monde, dont certaines en fonctionnement depuis plus de 20 ans, et les alertes dénonçant le bruit des éoliennes comme impactant la santé ont toujours été prises en considération. Les autorités sanitaires participent de fait à l'établissement des normes de distance et d'émergence, mais la meilleure information sur l'impact sonore des éoliennes reste la visite de parcs éoliens pour avoir sa propre opinion ! Et nous tenons à rappeler que nous aussi sommes riverains du parc, et que nous serons des interlocuteurs attentifs et réactifs lorsque celui-ci sera en phase de production.