Lobby éolien, CSPE, corruption, prises illégales d’intérêt, ...

 

Le changement climatique est aujourd’hui une réalité qui le place au cœur du débat sociétal. Pour répondre à cet enjeu, la France s’est engagée à faire de la transition énergétique une priorité avec l’objectif ambitieux d’atteindre 40 % de l’électricité produite par des énergies renouvelables en 2030. À l’instar de nombreuses technologies innovantes, les énergies renouvelables ont besoin d’un mécanisme de soutien afin d’atteindre leur maturité. En France, ce mécanisme de soutien est inclus dans la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité), taxe que chacun paye avec sa facture d’électricité. La CSPE n’a pas vocation à financer exclusivement le développement de l’éolien, mais contribue au financement de toutes les énergies renouvelables et également à celui de mécanismes de solidarité : en 2018, le montant total de la CSPE collectée s’élevait à 8,45 milliards d’€, dont 1,18 milliards pour l’éolien, soit un peu moins de 14 % du total de la CSPE.

 

Concrètement, la part de l’éolien dans la CSPE dépend du tarif d’achat de l‘électricité d’origine éolienne. Celle-ci bénéficie en effet depuis 2001 d’une obligation d’achat à un tarif fixé par décret. Il est actualisé régulièrement en fonction de l’évolution d’un indice des coûts horaires du travail et d’un indice des prix à la production. Cet ajustement au plus près des coûts de production fait qu' aujourd’hui la rentabilité d’un parc éolien se situe en moyenne entre 5% et 8%, ce qui n’a rien d’exceptionnel. Cela n’a rien à voir avec des fantasmes autour d’une supposée bulle spéculative. Une étude d’octobre 2013 du cabinet E-Cube Strategy Consultants indique que ce mécanisme, comparé aux autres schémas de financement existant en Europe, est le plus adapté pour permettre le développement de l’éolien tout en maîtrisant les coûts pour la collectivité.

 

Ce coût du mégawattheure (MWh) d’éolien terrestre ne cesse de baisser et s’établit actuellement autour de 70 € / MWh, ce qui est particulièrement compétitif si on le compare au nucléaire de dernière génération, dont le coût est de 110 € / MWh. En réalité, l’électricité nucléaire est bien plus subventionnée que l'électricité éolienne !

 

On entend aussi dire que le lobby éolien est puissant et que le développement de l’activité éolienne s’accompagne de nombreux cas de prise illégale d’intérêts impliquant des élus locaux. En réalité il y a confusion, parfois volontaire et malveillante, entre corruption et retombées économiques locales. Ces dernières correspondent notamment aux indemnités aux propriétaires et exploitants et aux retombées fiscales pour les collectivités. Cet impact sur l’économie locale est encore plus important dans le cas de l’éolien citoyen : Plesséole c’est en plus la mutualisation des indemnités par les propriétaires et les exploitants, 25 000 € par ans dédiés à la maîtrise de la demande en énergie… en gros des retombées économiques pour le territoire multipliées par trois par rapport à un projet éolien industriel classique (voir fiche éolien citoyen).

 

Il est donc vraiment malhonnête de parler de corruption, d’autant plus que l’autorisation d’implanter un parc éolien est donnée par le préfet, et revient donc à l’État et non aux élus locaux, ce qui garantit l’impartialité de la décision.